La diaspora gabonaise et sa bataille pour la démocratie

En tête de la marche silencieuse neuf femmes en deuil. Crédit : sana Sbouai
En tête de la marche silencieuse neuf femmes en deuil. Crédit : Sana Sbouai
Alors qu’un appel pour une nouvelle manifestation de la diaspora gabonaise à Paris a été lancé, retour en images sur la mobilisation du samedi 10 septembre.
Au delà de la bataille politique, qui oppose deux candidats dans l’élection présidentielle gabonaise, pour certains jeunes Gabonais, qui manifestent à Paris, il est avant tout question d’alternance politique et de mise en route de la démocratie. Ils insistent  : ils sont Gabonais et sont là pour défendre leur vote.
En signe de deuil des manifestants portent de faux cercueils. Crédit : Sana Sbouai
En signe de deuil des manifestants portent de faux cercueils. Crédit : Sana Sbouai
Crédit : Sana Sbouai
Crédit : Sana Sbouai
Beaucoup des jeunes manifestants descendus dans la rue samedi dernier racontent leur envie de rentrer au pays, les tentatives de réinstallation pour certains, et l’impossible retour dans un pays où la corruption est partout. Les jeunes Gabonais le disent sans gêne : Jean Ping, l’opposant à Ali Bongo, est un cacique du système, mais il est l’étape par laquelle il faut passer pour faire sauter un verrou du système Bongo.
Crédit : Sana Sbouai
Crédit : Sana Sbouai
Les manifestants le soulignent : ils ne sont pas forcément pro-ping mais ils sont Gabonais et ils sont là pour défendre leur pays. Mais ils soulignent aussi avoir entendu le message de l’opposant : il a déclaré ne vouloir briguer qu’un mandat. Une posture qui plait à cette partie de la jeunesse qui se dit fatiguée de n’avoir vécu que « sous le système Bongo. »
Crédit : Sana Sbouai
Crédit : Sana Sbouai

Patricia, doctorante en Sciences Politiques veut plus de transparence dans son pays, de l’alternance aussi. Hugo, étudiant en Droit de 21 ans, s’indigne de savoir ses parents « prisonniers de la démence d’un individu […] qui massacre la population gabonaise » et s’inquiète de la disparitions de cinq de ses amis d’enfance, dont les parents à Libreville ne retrouvent pas la trace.

 

Thibaut, professeur en France, s’active sur les réseaux sociaux, faute de médias libres dans son pays, pour diffuser des informations. Ainsi des pages Facebook regroupent au total prés de 105 000 personnes. Une autre façon pour les contestataires de s’organiser et de faire passer l’information. Pour lui il est évident que les médias gabonais ne parleront pas des marches organisées à Paris, alors que via les réseaux sociaux il est certain de pouvoir faire passer le mot. Un détournement de censure bien saisi par le pouvoir qui n’a pas hésité à couper internet pendant des jours, précise-t-il.

 

Cool Mpassy interpelle la foule une fois la marche arrivée devant l'ambassade. Crédit : Sana Sbouai
Messir interpelle, la foule une fois la marche arrivée devant l’ambassade. Crédit : Sana Sbouai
Rebecca, 27 ans, travaille en France, mais a gardé l’espoir de retourner un jour au Gabon, « une fois un changement de mentalité amorcé » et quand il sera possible de travailler sans corruption et sans devoir s’appuyer sur les connaissances des uns et des autres. Quant à Inès, qui a défilé en tête de la marche, avec 8 autres jeunes femmes, mimant un rite funéraire, pour incarner «  la liberté et la démocratie assassinées« , et pour  ne pas « oublier les disparus et les morts, victimes des violences du régime« , le rêve est simple : rentrer au pays et y vivre en paix.
Jean-Jacques Eyi a pris la parole à la fin de la marche. Crédit : Sana Sbouai
Jean-Jacques Eyi a pris la parole à la fin de la marche. Crédit : Sana Sbouai
Sana Sbouai
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